Information technique aux whisky lovers
Le droit à l’information technique n’est pas une option
Partageons entre nous les connaissances sur le monde des whiskies en un seul site !
Bienvenue dans la section"Analyses, Notes , Plaidoyers etc..." de Whisky Lovers Encyclopediae, un espace dédié aux contenus de fond, d'expertise et de réflexion sans oublier les notes de lecture concernant des articles de presse en lien avec l'industrie du whisky.
Que vous soyez un whisky-lover débutant ou chevronné, un "géopoliticien" du whisky, un whisky-lover passionné des projets et des nouveautés, ou simplement un curieux vous trouverez ici des articles approfondis ou non et des analyses qui,j'espère, vous plairont !
N'hésitez pas à me contacter , émettre des critiques , des idées. Naviguez à travers des sujets variés qui mettent en lumière non seulement les dernières tendances du monde du whisky, mais aussi les traditions qui font sa richesse. Que vous soyez intrigué par les whiskies bio, les éditions limitées ou sur les discussions relatives à l'existence ou non de terroirs pour les whiskies , chaque article doit être une porte ouverte vers l'émerveillement.
Dr Patoche
1-1 / 23 oct. 2025 - Gartbreck Farm : Le futur du whisky tourbé sur Islay est-il en suspens ?
Note 1 : « Amrut Distilleries jumps to 27th place in 'World’s Most Admired Whiskies' The Economic Times
Note 2 : « Le cuivre va-t-il disparaître des alambics ? » Whisky Mag 20-11-25
3-1 le droit à l’information technique des amateurs de whisky
Le projet de construction d’une distillerie à Gartbreck Farm, à l’ouest de Bowmore, sur les rives du Loch Indaal, offrant une vue sur Bruichladdich et Port Charlotte, remonte au début des années 2010.
À cette époque, c’est Jean Donnay, fondateur passionné de la distillerie Française et Bretonne « Glann ar Mor », qui en était l’initiateur.
Il faut préciser que le site est situé dans un coin magnifique d’Islay qui est une zone protégée , « une countryside zone », qui est de ce fait sujette à un statut de protection environnementale . Pas étonnant que Jean en soit tombé amoureux !
D’après le site « scotch whisky.com », Jean Donnay avait obtenu en janvier 2014 un permis de construire pour une distillerie artisanale équipée d’un « malting floor » et d’un « kiln ». La capacité de production annuelle prévue était de 120 000 litres d’alcool pur, dont une partie issue d’orge cultivée sur Islay. Le site « Whisky-distilleries.info » précise que le projet envisageait des alambics tournés vers la mer, dans une approche résolument puriste et fidèle au terroir de l’île.
Peu de temps après avoir eu le permis de construire, Jean Donnay commençait à chercher des partenaires pour financer le projet.
L’embouteilleur indépendant écossais Hunter Laing, intéressé par une implantation sur Islay, entre alors en discussion avec Jean Donnay pour s’associer au projet.
Mais au début de l’année 2015, les discussions entre Jean Donnay et Hunter Laing se heurtent contre des désaccords stratégiques. Des divergences concernant la gouvernance du projet et les ambitions respectives sont évoquées par plusieurs sources.
En juillet 2015, Hunter Laing se retire officiellement du projet et choisit de fonder sa propre distillerie, Ardnahoe, située dans le nord de l’île d’Islay donc à l’opposé géographique de Gartbreck Farm.
Privé de soutien financier, le projet Gartbreck porté par Jean Donnay est mis en sommeil, puis abandonné jusqu’en 2023.
Il faudra attendre le 3 octobre 2023 pour que Chivas Brothers , filiale whisky de Pernod Ricard, annonce l’acquisition du terrain de « Gartbreck Farm » auprès de Jean Donnay, mettant ainsi un terme à près de dix années d’inactivité.
Ce projet compléterait leur portefeuille qui inclut déjà 13 distilleries (1) de whisky en activité. Une 14ème , Dumbarton, avait été fermée en 2002 avant d’être finalement démolie en 2005 .
Le 28 novembre 2024, Chivas Brothers, en partenariat avec Islay Estates, dépose une demande de permis de construire auprès du conseil d’Argyll - Bute.Le projet prévoit :
Un investissement de 76 millions de dollars a été engagé pour mener à bien cette initiative. La réponse du conseil était attendue pour la fin mars 2025.
A la fin du mois d’octobre 2025 aucune validation officielle du permis n’a été communiquée. D’après le site Argyll-bute que j’ai consulté ,la demande n'est pas encore validée ( dossier téléchargeable en pdf ici) . Le projet semble toujours en phase d’évaluation ou de préparation, sans lancement de chantier annoncé. Chivas Brothers continue néanmoins de porter ce projet comme un axe majeur de sa stratégie de développement durable et de diversification régionale.
La démarche de Chivas Brothers, filiale de Pernod Ricard, visant à établir une distillerie tourbée à Gartbreck Farm sur Islay, témoigne d'une ambition stratégique claire : renforcer sa présence dans le segment emblématique du whisky tourbé en s'alignant sur les principes de durabilité. Le projet est notable par sa tentative de concilier une expansion industrielle significative avec le respect rigoureux du terroir et des contraintes environnementales.
À l'automne 2025, l'absence de validation officielle du permis de construire introduit une marge d'incertitude, indiquant que le processus d'évaluation et de négociation avec les entités locales semble toujours actif.
Néanmoins, plusieurs facteurs semblent militer en faveur d'une concrétisation. L'engagement financier important, l'adéquation du projet avec la stratégie du groupe, et la capacité à valoriser le site de Gartbreck devraient surpasser potentiellement les obstacles habituels que sont les délais administratifs, la concertation locale, et les défis logistiques et écologiques spécifiques à l'île d'Islay. Mais tant que ce n'est pas signé ... . Affaire à suivre . Si vous avez des news je suis preneur !!
(1)Les 14 distilleries détenues par Chivas Brothers : , Aberlour , Allt-A-Bhainne ,Braeval , Scapa, Dalmunach, Glenburgie , Glen Keith ,the Glenlivet, Glentauchers ,Longmorn , Miltonduff,Strathisla,Strathyclyde et Dumbarton (fermée en 2002, démolie en 2005) mais historiquement liée à Chivas Brothers)
Chivas Brothers / Distilleurs. / Planet Whiskies / Scotch Whisky / STV News / WhiskyExperts / Whisky-distilleries.info / Whisky Mag / Whisky Magazine
La synthèse des articles apparait sur le site WLE , les notes complètes ( avec parfois des liens ) sont en téléchargement à la fin des synthèses.
L’article, publié le 3 septembre 2025 par la rédaction ET Online du quotidien économique indien The Economic Times, annonce la progression remarquable d’Amrut distilleries dans le classement annuel des World’s Most Admired Whiskies établi par Drinks International. La distillerie de Bangalore atteint en effet la 27ᵉ place, une avancée significative après avoir occupé les 43ᵉ et 40ᵉ positions en 2023 et 2024.
Le directeur général, Rakshit N. Jagdale, se félicite de cette reconnaissance internationale . Être dans le top 30 mondial est , pour lui, un moment qu’il qualifie d’historique pour le whisky indien. Il y voit la confirmation que l’Inde est désormais prise au sérieux sur la scène mondiale du single malt, un domaine autrefois largement dominé par l’Écosse.
L’article replace cette performance dans un contexte plus large : l’essor du whisky indien. Amrut et Paul John y sont présentés comme les pionniers du single malt en Inde, rejoints ces dernières années par des producteurs plus récents tels qu’Indri, Kamet ou Rampur. Les grands groupes internationaux participent eux aussi à cette dynamique avec des marques locales comme Godawan (Diageo) ou Longitude 77 (Pernod Ricard).
Enfin, le « papier » rappelle une particularité essentielle de la maturation en Inde : la chaleur entraîne une évaporation annuelle très élevée, souvent supérieure à 10 %. Ce phénomène explique pourquoi les single malts indiens affichent rarement un âge sur l’étiquette, contrairement aux whiskies écossais, dont la part des anges tourne autour de 2 à 3 %.
L'évolution des techniques de distillation du whisky fait face à un dilemme entre tradition séculaire et impératifs industriels modernes. Historiquement, le cuivre a été le matériau de prédilection des distillateurs en raison de ses propriétés physiques uniques. Cependant, l'émergence de nouveaux métaux, tels que l'acier inoxydable, et la pression économique croissante forcent l'industrie à réévaluer la place de ce métal rouge dans les distilleries contemporaines.
Dans son analyse, Christine Lambert met en lumière un « point de bascule » technologique où l'inox gagne du terrain pour plusieurs raisons pragmatiques:
L'auteure souligne que si certaines législations imposent toujours le cuivre pour nos single malts préférés, d'autres régions ,ayant des réglementations plus souples, explorent des solutions hybrides. L'exemple du système néerlandais iStill illustre cette tendance vers des appareils en acier plus économiques, bien que ces derniers puissent produire des résultats aromatiques décevants s'ils ne sont pas accompagnés d'une présence minimale de cuivre .
En soutien aux observations de Christine Lambert, le Dr Patoche insiste sur le caractère irremplaçable du cuivre dans les zones critiques de la distillation. Retirer intégralement ce métal au profit de l'inox reviendrait à sacrifier l'intégrité même du whisky.
Le cuivre n'est pas qu'un simple contenant, mais un réactif chimique . Durant la fermentation, des composés soufrés apparaissent . Là où l'acier inoxydable reste inerte, le cuivre « dégomme » ces notes de légumes bouillis ou d'œuf pourri. Sans ce contact catalytique, le distillat conserve des notes carnées et déviantes incompatibles avec les standards de qualité.
Le Dr Patoche rejoint les conclusions de l'article : la solution n'est pas l'abandon du cuivre, mais son usage intelligent . Les recherches montrent que l'efficacité du cuivre est localisée
Il faut signaler un parallèle frappant entre l'alambic et l'organisme humain : pour l'un comme pour l'autre, le cuivre est un oligo-élément necessaire voir essentiel mais potentiellement toxique !
En définitive, le Dr Patoche soutient la thèse de l'auteur : NE RETIRONS PAS TOUT LE CUIVRE LA OU IL EST NECESSAIRE !
L'avenir réside dans une hybridation raisonnée. À l'image du corps humain qui régule son taux de cuivre pour rester sain, l'alambic moderne doit doser son utilisation du métal rouge pour garantir la pureté aromatique tout en préservant son environnement.
01 février 2026
Dr Patoche
Analyse de l'impact du cuivre - The Impact of Copper in Different Parts of Malt Distillation
Ce chapitre rassemble des textes de positionnement et de réflexion destinés à défendre une vision exigeante, éclairée et responsable de la culture du whisky. Les plaidoyers publiés ici ne cherchent ni la polémique gratuite ni l’opposition stérile, mais l’affirmation de principes jugés essentiels à la compréhension, à la transmission et à la pérennité du whisky en tant que produit culturel, technique et historique.
Ils s’adressent aux amateurs passionnés, aux professionnels du secteur et à tous ceux qui considèrent que le whisky ne peut se réduire à un simple objet de consommation ou à un discours marketing standardisé. Transparence, rigueur technique, respect des savoir-faire, reconnaissance du rôle des amateurs éclairés : ces textes entendent nourrir le dialogue entre distilleries, embouteilleurs, journalistes et passionnés.
Les plaidoyers de WLE assument une parole argumentée, documentée et engagée. Ils ne prétendent pas détenir une vérité absolue, mais poser des repères, ouvrir des débats et contribuer à une culture du whisky plus lisible, plus honnête et plus durable.
Vous retrouverez ici la "version courte" des plaidoyers lisible aussi sur Facebook ainsi qu'une "version longue" téléchargeable
VERSION COURTE ( sur Facebook)
Les amateurs de whisky éclairés n’acceptent plus d’être tenus à distance de la réalité technique des spiritueux qu’ils dégustent. Réduire le whisky à une roue d’arômes ou à un récit marketing lissé n’est pas suffisant. Comprendre comment un whisky est fabriqué n’est ni une curiosité excessive ni une menace pour les producteurs : c’est une exigence légitime de consommateurs passionnés et responsables.
Refuser ou limiter cette transparence fragilise le lien entre distilleries et passionnés. À l’inverse, assumer une information technique claire, contextualisée et honnête, c’est reconnaître la maturité des whisky lovers et leur rôle central dans la valorisation des distilleries. Ces amateurs sont les premiers ambassadeurs du whisky, bien avant les campagnes promotionnelles, et les commerciaux qui sont pourtant indispensables.
Défendre le droit à l’information technique, ce n’est pas attaquer l’industrie du whisky. C’est la protéger. Dans un monde en quête d’authenticité, la transparence n’affaiblit pas le whisky : elle lui redonne du sens, de la crédibilité et de l’avenir.
31 janv. 2026 10:17
Le droit à l’information technique n’est pas une option
Mise à jour le 02 février 2026